L'infusion en verre

Il y a une façon d'infuser le thé vert
C'est la
Pourquoi le verre
La transparence est l'outil. Les feuilles de thé vert bien travaillées sont belles : elles peuvent être en aiguille, en spirale, en feuille plate. Dans un verre d'eau claire, on les voit se déplier, s'alourdir, tomber. C'est une information autant qu'un plaisir des yeux : quand les feuilles sont au fond, le thé est infusé.
Ce plaisir n'existe que parce que l'eau du thé vert est limpide. Un thé rouge ou un wulong très oxydé donnerait une liqueur opaque : le verre n'aurait plus de raison d'être.
Le geste
On commence par rincer le verre avec de l'eau bouillante, puis on vide. On met les feuilles dans le verre encore chaud.
On verse l'eau chaude, directement sur les feuilles ou sur le bord pour les ménager. La température dépend du thé : les verts délicats préfèrent 80 à 90 degrés, les autres peuvent supporter davantage.
On laisse infuser. Les feuilles font le travail : elles descendent quand elles sont prêtes. On peut poser un couvercle sur le verre, à la façon taïwanaise, pour accélérer la précipitation des feuilles au fond.
On boit, en laissant un tiers du liquide dans le verre. Quand il ne reste plus que ce tiers, on rajoute deux tiers d'eau chaude. Les feuilles restent, elles continuent d'infuser, mais la concentration reste équilibrée. En général, un bon thé vert supporte trois infusions ainsi, parfois plus.

En dehors de chez soi
Le verre fonctionne aussi avec un petit thermos. On met les feuilles directement dedans, on verse l'eau à la bonne température, on garde le tiers, on rajoute les deux tiers. Le thermos maintient la chaleur sans surchauffer : à condition de ne pas fermer hermétiquement pendant l'infusion, les feuilles ne cuisent pas. C'est une façon de pratiquer la méthode du verre partout, sans bouilloire à portée.
Ce que le verre ne fait pas
Le verre est neutre, comme la porcelaine du gaiwan. Il ne retient rien. Mais contrairement au gaiwan, on ne verse pas : on boit directement dedans, en laissant les feuilles au fond. C'est plus simple, plus lent, plus contemplatif.